Calais · Troubles du sommeil

L'insomnie : quand l'effort de dormir empêche de dormir

Ce qui a déclenché votre insomnie et ce qui l'entretient aujourd'hui sont rarement la même chose. La TCC de l'insomnie s'attaque au second, c'est le traitement recommandé en première intention, avant les somnifères.

Clément Hellenis, psychologue clinicien pour les troubles du sommeil à Calais
Approche fondée sur les preuves
Diplômé de l'Université de Liège
Expérience en milieu psychiatrique
Adultes, adolescents, enfants
Le mécanisme

L'insomnie chronique : un trouble qui s'auto-entretient

L'insomnie qui dure n'est ni une fatalité de tempérament (« je suis un petit dormeur nerveux ») ni un simple excès de stress : c'est un trouble qui s'auto-entretient, et ce qui l'entretient n'est presque jamais ce qui l'a déclenchée.

Le scénario typique : une période difficile (souci de santé, surcharge de travail, séparation) dérègle le sommeil. Jusque-là, rien d'anormal. Mais pour compenser, on change ses habitudes : on se couche plus tôt « pour mettre toutes les chances de son côté », on reste au lit le matin, on fait la sieste, on annule la soirée. Résultat : on passe de plus en plus d'heures au lit pour de moins en moins de sommeil. Le sommeil se dilue. Et le lit, à force d'y être éveillé, tendu, à calculer les heures qu'il reste, cesse d'être un signal de sommeil pour devenir un signal de lutte.

S'ajoute le dernier étage du mécanisme : l'effort. Plus dormir devient important, plus on essaie, et le sommeil est précisément le genre de chose qui fuit l'effort. On ne s'endort pas en essayant de s'endormir, pas plus qu'on ne se force à avoir faim.

Le piège. Compenser. Se coucher plus tôt, traîner au lit, faire la grasse matinée du week-end, la sieste de l'après-midi : chacun de ces gestes est logique, apaisant à court terme, et c'est exactement l'ensemble de ces gestes qui transforme une mauvaise passe en insomnie chronique. Le traitement de référence consiste, pour une large part, à les défaire méthodiquement.

La prise en charge

La TCC de l'insomnie : le traitement de première intention

Le traitement recommandé en première intention de l'insomnie chronique (avant les somnifères, par les recommandations européennes et internationales) est une forme spécifique de TCC : la TCC de l'insomnie (TCC-I). Elle est généralement brève, très structurée, et son avantage décisif sur les hypnotiques est documenté : les bénéfices se maintiennent après l'arrêt du traitement, parce qu'on n'a pas endormi le symptôme, on a démonté ce qui l'entretenait.

Deux précisions honnêtes. La première : les premières semaines peuvent être exigeantes, certains outils réduisent transitoirement le temps de sommeil avant de l'améliorer, et cela s'encadre. La seconde : si un somnifère est en cours, on n'y touche pas sans le médecin qui l'a prescrit ; la TCC-I se mène très bien en parallèle, et facilite souvent une décrue décidée avec lui.

L'agenda du sommeil

Deux semaines d'observation valent mieux que dix ans d'impressions. L'agenda rend visibles le temps réellement dormi, le temps passé au lit et l'écart entre les deux : c'est sur cet écart que tout le travail s'appuie.

La compression du temps de lit

Réduire la fenêtre passée au lit à ce qui est réellement dormi, puis la ré-élargir à mesure que le sommeil se consolide. Contre-intuitif, exigeant, et c'est, avec le contrôle du stimulus, l'un des outils au meilleur niveau de preuve de la TCC-I.

Le contrôle du stimulus

Rendre au lit sa fonction de signal : on s'y couche somnolent, on ne s'y attarde pas éveillé, on se relève, et on y revient quand le sommeil se représente. C'est ainsi que se défait l'association lit–lutte installée par des années d'insomnie.

Le travail sur les croyances

« Il me faut absolument huit heures », « demain est fichu » : ces règles transforment chaque coucher en examen de passage et chaque réveil nocturne en catastrophe. On les met à l'épreuve des faits : l'agenda fournit les faits.

Ce qui ne relève pas de la TCC-I. Ronflements majeurs avec pauses respiratoires constatées, somnolence diurne sévère, jambes sans repos : ces tableaux orientent vers un trouble du sommeil d'origine médicale (apnées notamment) qui se dépiste auprès d'un médecin. L'évaluation initiale sert aussi à cela : ne pas traiter en « insomnie psychologique » ce qui appartient à la médecine du sommeil.

Cas particuliers

Cauchemars, enfants : deux situations à part

Les cauchemars répétés

Quand ils rejouent un événement précis, ils relèvent souvent du registre du psychotraumatisme, et c'est alors le trauma qu'on traite, pas le sommeil. L'EMDR et les TCC centrées sur le trauma sont les approches recommandées dans ce cas ; l'insomnie s'améliore fréquemment dans leur sillage.

Le sommeil de l'enfant

Refus de dormir seul, rituels du coucher qui s'étirent, réveils avec appel des parents : chez l'enfant, le sommeil est le plus souvent le théâtre d'une anxiété, et le travail implique les parents autant que l'enfant. Voir la page enfants & adolescents.

Questions fréquentes

Ce que l'on me demande souvent

Combien de temps dure une TCC de l'insomnie ?

C'est l'une des prises en charge les plus brèves de la TCC : le format habituel se compte en quelques séances espacées, le temps que l'agenda du sommeil guide les ajustements. La régularité du travail entre les séances compte davantage que leur nombre.

Je prends un somnifère depuis des années : est-ce un problème ?

Non, et surtout n'arrêtez rien seul : la décrue d'un hypnotique se décide avec le médecin qui le prescrit. La TCC-I se mène très bien en parallèle du traitement, et c'est souvent elle qui rend une réduction possible ensuite, parce qu'elle reconstruit un sommeil qui ne dépend plus du comprimé.

J'ai ça depuis vingt ans : est-ce trop tard ?

Non. L'ancienneté d'une insomnie ne condamne pas la réponse au traitement : le mécanisme qui l'entretient (dilution du sommeil, association lit–éveil, effort de dormir) est le même à deux ans qu'à vingt, et c'est lui qu'on démonte. Ce que change l'ancienneté, c'est la solidité des habitudes à défaire, donc l'exigence des premières semaines.

Réduire mon temps au lit alors que je suis épuisé : n'est-ce pas dangereux ?

La question est légitime : les premières semaines de compression peuvent accentuer transitoirement la somnolence, et cela s'encadre, la fenêtre de sommeil n'est jamais réduite en dessous d'un plancher, et la vigilance au volant ou au travail fait partie des points surveillés. Certaines situations demandent un avis médical préalable ; on le vérifie à l'évaluation.

Et la mélatonine, les tisanes, les applications ?

Pour l'insomnie chronique de l'adulte, aucun de ces recours n'a le niveau de preuve de la TCC-I, c'est elle que les recommandations placent en première intention. La mélatonine relève d'un conseil médical, notamment parce que son intérêt dépend de situations précises. Quant aux applications de suivi du sommeil : elles mesurent mal, et surtout elles nourrissent l'attention anxieuse portée au sommeil, qui fait partie du problème.

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62100 Calais

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Horaires
Lundi – Vendredi8h50 – 19h00
Samedi – DimancheFermé

Séances d'environ 50 minutes · français & anglais · présentiel ou téléconsultation sur demande. En cas d'empêchement, merci de prévenir au moins 24 h à l'avance : le créneau peut alors être proposé à une personne en attente.

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Enfant ou adolescent70 €
Thérapie de couple80 €

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